Impressions dominicales

Main de lettré Annamite

Main de lettré Annamite

L’exercice hebdomadaire de saisir une impression est une hygiène de l’esprit. À la façon d’une écriture automatique, il impose, sans volonté, dans un premier mouvement chaotique, de laisser le crayon noircir le papier. Les obsessions et les peurs, les fulgurances et les tristesses, les dégoûts et la beauté, se succèdent, se contredisent et se répondent, s’enchevêtrent.

Et dans ce désordre, une cohérence se devine. Le second mouvement est une circumambulation scripturaire. Aux traits de crayons vifs et répétés — incertains, parfois —, la pensée se dégrossit; ses contours s’esquissent. L’équilibre est précaire : affiner sans figer ni alourdir.

La régularité est nécessaire. Aussi, chaque dimanche, reprendre l’exercice. En s’efforçant de clarifier les confusions, de fixer les volatilités, d’une pensée inconsciente, la psyché — par cette émergence — se structure pour tendre à la cohésion essentielle de la conscience et de l’inconscience.