Impressions dominicales

Orphée | Melchior Lechter [1896]

Orphée | Melchior Lechter [1896]

L’obsession des corps tourmente les amants, qui, frénétiques, se prennent et se déprennent, s’enlacent et se délacent. À cette danse primitive, bestiale, en des répétitions furieuses, ils espèrent des transes aussi fulgurantes qu’insensées. Aux cimaises, il s’oublient. Soudain, ils sombrent aux abysses. Les léthargies dépressives — infinies — succèdent aux tétanies orgasmiques — si fugaces.

L’érotisme des corps n’est rien. Les jouissances nous l’enseignent, insidieusement. Mais, en une ascèse involutive, nous nous obstinons. Les chimères sensuelles dissipent nos angoisses essentielles, dissimulent les profondeurs insondables de nos Enfers. Et dans ces abandons psychédéliques, nous errons — en un éternel retour — au néant de soi.