Impressions dominicales

Photographe inconnu.

Photographe inconnu.

Notre libido — au sens jungien — est une puissance latente, qui, si souvent, agit en nous à notre insu. Nous l’ignorons, nous la négligeons, par lâcheté; elle œuvre, pourtant.

À la façon d’un torrent sauvage que des barrages — artificiels ou naturels — contraint, elle enfle. L’eau se heurte aux obstacles. Elle ébranle — patient travail de sape — nos certitudes, nos conditionnements. Elle révèle, ainsi, nos faiblesses, nos peurs; elle trahit notre méconnaissance de soi. Imperceptiblement, le sourd grondement libidinal nous fissure. Nous nous accrochons — pantin désarticulé — à nos digues illusoires. En vain. Les fissures se lézardent jusqu’à la béance. Les barrages s’effondrent en des fulgurances de douleurs. Et le torrent, enfin déchaîné, s’engouffre. Il détruit, impétueux, toutes nos chimères, toutes nos croyances. Ni les tristesses ni les souffrances ne peuvent le freiner. Mais si nous nous confondons — nous le devons — à son mouvement, à sa puissance irrépressible, il détruit nos peurs, brise nos carcans et nous crée par-delà Soi.

Voie de la sagesse, notre désir, qu’il soit spirituel, érotique, intellectuel, créateur ou scientifique — peu importe —, doit être notre Maître; notre seul Maître.