[Œillères]

Œillères | Roberto Greco

Œillères | Roberto Greco

Certaines odeurs tétanisent; Œillères en est. Ni floral ni animal, il nous égare; nous reflète l’éphémère de nos vies et de nos passions.

Ni le médicinal camphre ni la douce camomille n’apaisent nos sens angoissés. Et cette odeur de corruption, seule, obsède notre esprit; les encens sacrés sont impuissants à purifier notre âme, à l’élever. Nous vacillons.

Le traître genêt, qui corsète les relents tentateurs d’Œillères, flatte nos instincts. Au gré de nos caprices, il esquisse la silhouette de nos désirs, de nos envies; y cédant, nous corrompons l’illusoire beauté. Nous chutons.

Et cette chute vertigineuse est sans fin. Effleurer un épiderme convoité qu’évoque un cumin sensuel; nous croyons la suspendre. Elle est inexorable, pourtant; et ce corps usé, imprégné de l’animalité de ses excès, nous le rappelle.

Œillères corrompt la beauté en sublime. Et nous livre, pantins désarticulés, à la vanité de notre condition.