[Charogne]

  Takato Yamamoto.

 Takato Yamamoto.

Au pied du maître-autel écrasé d’un Christ crucifié, un catafalque. Des brassées de lys enveloppent un linceul et saturent l’air vicié. Contraste oppressant des réminiscences d’encens liturgiques, des fleurs fraîches et des chairs en décomposition.

Dans ce linceul, une beauté frigide, aux pâleurs exsangues, dort. Sa trouble séduction la réduisit, inconsciente, à ses seuls désirs, à ses seuls caprices. Sa vie ne fut qu’une illusion. Néant, elle le rejoint.
Et sur un prie-Dieu, son amant - le dernier - s’effondre. Il y a un instant, cette femme frémissait sous ses mains. Au crépuscule des cierges, seules subsistent des ombres, éphémères et désordonnées, qui esquissent ces étreintes défuntes. Et il croit effleurer encore cet épiderme diaphane. Cette passion ignée laisse l’homme en cendres.