Animalité & Sexualité

Carmen dell'Orefice, par Norman Parkinson.

Carmen dell'Orefice, par Norman Parkinson.

Cet homme achève sa toilette de quelques notes concentrées de Muscs Koublaï Khän. À la façon d’un Dandy, il construit une élégance en contraste, qu’il exacerbe d’un sillage primitif: une rose altière structure, imperceptible, une composition où s’entrechoquent civette, castoréum & ambre gris. Matière nobles & rares, qui incarnent une beauté perverse, qu'un opulent patchouli dompte, à peine.

Cette femme noue négligemment, au-dessus de sa nuque, sa longue chevelure noire, qui rehausse, insensiblement, son teint d’une pâleur aristocratique; sa peau, distraitement voilée d’une note de tubéreuse, instille une sensualité interdite. Cette beauté antique s’imprègne de cette fleur blanche, si charnelle qu’elle évoque les relents de la corruption irrémissible des chairs & interdit - légende italienne - aux demoiselles convenables de se promener dans les allées des parcs, où elle se fane.

Ils se croisent, à l’aube, dans un train.
Inassouvie, elle convoite sa puissance bestiale. Elle le désire, brutalement; elle l’aborde, crûment. Sans séduction ni préliminaire, il la possède, viril, dans ce compartiment désert. Au paroxysme, il décharge. La femme est assouvie, un temps; et de son intimité s’écoule l’âcre semence.
À destination, ils se perdent.

Nostalgique de ces instants, aussi intenses qu’éphémères, cette femme veut les revivre encore; solitaire. Alanguie, elle se parfume de Sécrétions magnifiques; ses doigts, qui effleurent son épiderme, se remémorent ces instants violents. Les notes imperceptibles d’iris & de santal s’épuisent dans un accord de sang & de cyprine; ses sens s’assouvissent. Mais l’odeur de leurs corps défaits l’obsède. La délivrance est illusoire; frénétique, elle se caresse encore. Et encore.