Delicious closet queen

Modèle inconnu, par F.-C. Gundlach.

Modèle inconnu, par F.-C. Gundlach.

Impatient de recevoir Lipstick rose, des Éditions de parfums Frédéric Malle, je tue le temps caniculaire en compagnie de Delicious closet queen. Ce boisé léger, qui m'évoque Putain des palaces, version mâle, n'a rien en commun, avec la création de Ralf Schwieger, si ce n'est quelques notes de rose & d'iris.

Delicious closet queen est, résolument, le parfum d'un gigolo ambigu. L'odeur masculine, si omniprésente aux premières inhalations, a risqué d'avorter, prématurément, mon caprice parfumé. J'aurai eu tort. Le contraste, entre cette masculinité affirmée & la féminité d'une rose poudrée & irisée, crée une ambiguïté intrigante.

Certes, Delicious closet queen n'est pas la création la plus originale, ni la plus subversive, d'État libre d'Orange, pourtant, elle m'accompagne avec plaisir, sur touche à sentir, depuis quelques jours. Je ne crois pas que je m'en parfumerai; son charme, comme celui de certains instants légers & interdits, s'intensifie dans l'idéalisation. Aussi, lorsque je recevrai Lipstick rose, j'enfermerai la miniature dans son coffret au milieu des quinze autres créations d'État libre d'Orange; et, nostalgique, la ressentirai, parfois, avec cette certitude que certains plaisirs ne s'altèrent que dans leur consommation.

Delicious closet queen, Nathalie Feisthauer, État libre d'Orange, 2007.