De profundis

Lisa Fonssagrives, par Frances McLaughlin-Gill.

Lisa Fonssagrives, par Frances McLaughlin-Gill.

À la colère froide de Vitriol d’œillet, De profundis oppose une majesté cléricale. D'une couleur à l'élégance épiscopale, les flacons aux reflets violacés, ordonnancés avec rigueur, stylisent des évêques au pied du maître-autel.

Le silence des Salons du Palais-Royal, que quelques murmures imperceptibles violent, achève cette impression de religiosité aristocratique. Et dans une eucharistie parfumée, les prêtresses lutensiennes imprègnent une touche à sentir. Les premières impressions sont une douceur calme, presque léthargique; c'est l'instant du recueillement. Le légèreté surprenante d'un chrysanthème, corseté d'un encens, interrompt cette suspension du temps.

Si Charogne, cuir puissant, entremêle lys stylisés, fumées d'encens & relents des chairs, De profundis évoque une mort décharnée; désincarnée, presque. Serge Lutens, en esthète, a épuré la mort de ses scories mortifères pour n'en conserver que la beauté sereine.

De profundis, Christopher Sheldrake, Serge Lutens, 2011.