Parfums antiques, senteurs bibliques

Les Odalisques, de Horst P. Horst.

Les Odalisques, de Horst P. Horst.

Lorsque j'appris que le Musée de la Réforme organisait une exposition dédiée aux parfums antiques & aux senteurs bibliques, j'ai éprouvé, je le confesse, un sentiment partagé. Cette vénérable, bien que récente, institution, en effet, se complaît, pour ses collections permanentes dans une muséographie passéiste & austère, donc si tristement genevoise; à cet a priori fondé, dont je ne peux me défaire, répondait ma curiosité de découvrir une exposition, qui, si elle s'avérait réussie, se promettait d'être passionnante.

Et je quitte, à l'instant, la rue du Cloître, frustré & déçu. En une vingtaine de tableaux bêtement scolaires, l'exposition énumère les douze matières premières citées dans les ancien & nouveau Testaments; de cette énumération laborieuse, il ne se dégage rien.

Il est, certes, possible de sentir, dans des fioles inélégantes, des extraits, notamment d'encens, de galbanum, de myrrhe, de nard ou de roseau aromatique, mais rien ne succède à cette découverte olfactive; aucune mise en perspective historique, religieuse ou botanique.

Ni la reproduction du parfum de l'autel, dont la recette «fut donnée à Moïse au temps de l'exode», ni celle de l'eau d'ange - composition en vogue à la Renaissance - ou celle du parfum anti-pestilentiel, dont les odeurs immunisaient de la peste, ne parviennent à masquer la pauvreté d'une exposition à l'amateurisme si peu éclairé.

Et c'est amer que je pense, en rédigeant cette chronique, au traitement, précipité & bâclé, d'un thème, pourtant si fascinant, qui méritait une évocation intelligente & érudite. Une autrefois & ailleurs, sans doute.

Parfums antiques, senteurs bibliques, du 16 juin au 28 octobre 2012, au Musée international de la Réforme, Rue du Cloître 4, 1204 Genève.