Bandit

Faye Dunaway, dans Portrait d’une enfant déchue.

Faye Dunaway, dans Portrait d’une enfant déchue.

Bandit fut l'un de mes premiers parfums. Je l'ai porté, si souvent. Au fil du temps & au hasard des rencontres, pourtant, je l'ai imperceptiblement négligé au point de ne plus le porter. Sans regret.

Bandit est de ces parfums, qui marquent des instants; il peut être, tour à tour, au gré des humeurs, le reflet d'une sensation, ou, au contraire, un accessoire, qui la dissimule à dessein. Et l'instant dissipé, il est encombrant; devient tricard. Seule, une nostalgie fugace s'insinue, parfois.

En rédigeant ces lignes, les facettes cuirées de cette création, si moderne à l'époque, de Germaine Cellier m'évoquent une beauté ancienne & fanée; la déchéance d'une maîtresse délaissée, peut-être. Cette atmosphère ambiguë, où s'entremêle une sensualité triste & une séduction codifiée, donc si ennuyeuse, me lasse. À moins qu'elle ne m'effraye. Cela n'est plus si important. L'idée, seule, d'en posséder un flacon - boîte de Pandore - me suffit.

Bandit, Germaine Cellier, Robert Piguet, 1944.