Les Olfactifs

Modèle & photographe inconnus.

Modèle & photographe inconnus.

Au hasard de la lecture des Parfums, d’Élisabeth de Feydeau, je découvris, hier soir, un paragraphe, intercalé entre La Décadence & Les Correspondances baudelairiennes, dont le titre, dans l'instant, m'intrigua, Les Olfactifs.

Les membres de ce mouvement esthétique, à la suite de Charles Baudelaire & de ses Fleurs du mal, éduquent leur nez pour entrevoir un monde, si différent de celui d'un froid rationaliste ou d'un triste progressiste. Cette perception, si anti-moderne, est «une des sources majeures, un des thèmes principaux de leur inspiration». Ils sont, donc, les précurseurs de la décadence littéraire, dont l'ambition, saisie si finement par Théophile Gautier, est «de rendre la pensée dans ce qu'elle a de plus ineffables, et sa forme en les contours les plus vagues & les plus fuyants».

Les olfactifs; ce qualificatif me séduit. Je me l'approprie donc. Il se substituera, avec pertinence & élégance, au barbarisme perfumista, qui - certes - saisit l'amateur, mais l'enferme dans une espèce de monomanie, si peu intéressante. Et le parfum n'est qu'un prétexte à la beauté.