L'Orpheline

Otomaru.

Otomaru.

L'Orpheline, singulière composition. Au pluriel, elle eut été vulgaire; solitaire, elle est diaphane. De ces transparences dangereuses & fascinantes. Une main maladroite à saisir les impressions, qu'inspirent un nez déséduqué, m'impose une concision, si imprécise.

Cette récente composition de Serge Lutens entremêle, me semble-t-il Laine de verre & Vitriol d'œillet et, ainsi, oscille, sans cesse, entre une colère froide & la sanguine. Artificielle, comme seules peuvent l'être les femmes maquillées, L'Orpheline dissimule, sous une apparence frigide, une tension exacerbée, à fleur de peau. Elle est cette geïko, qui s'éduque, se construit & se maîtrise, mais qui, à l'instant crucial, est incapable de dompter la violence de ses sens, sa bestialité.

Une tentation délicieusement délétère, donc.

L'Orpheline, Christopher Sheldrake, Serge Lutens, 2014.