Do Son

Opiomane indochinoise, par Léon Busy.

Opiomane indochinoise, par Léon Busy.

L'atmosphère de Do Son est celle d'une fumerie d'opium indochinoise. Son sillage vaporeux disperse une brume, qui trouble les sens; voile les yeux. Les volutes éphémères distordent & bleuissent les corps, les objets.

Les murs tapissés de nattes soufflent une poussière sèche & irisée. L'équilibre est précaire; s'abandonner, lourdement, dans de profonds coussins. Des songes voluptueux & décousus défilent, incohérents, sur les rétine; le cerveau léthargique s'y égare. Et les fleurs blanches, qui cristallisent l'effet du datura, alourdissent la respiration. L'asphyxie obscurcit les perceptions; la brume s'opacifie & devient brouillard. L'oubli, enfin.

Do son, Fabrice Pellegrin, Diptyque, 2005.