En passant

Marilyn Ambrose.

Marilyn Ambrose.

Les lumières ternes & brumeuses de la rue laissent deviner la silhouette stricte & élégante d'une femme; le noir du deuil la corsète, intransigeant. La tristesse de son maintien séduit; sa douleur, maîtrisée, fascine. Et son sillage lilas, je crois, distille l'impression, fugace & confuse, d'une beauté en retenue - elle ne doit pas - & d'une mélancolie, qui alanguit les sens. Dans les poussières & le bruits de la ville, cette inconnue disparaît, subitement. Il ne me reste que cet instantané; et l'amer regret d'une fugitive beauté.

En passant, Olivia Giacobetti, Éditions de parfums Frédéric Malle, 2000.