L'Eau d'hiver

Modèle & photographe inconnus.

Modèle & photographe inconnus.

Un peu en retard sur les saisons, mais en harmonie avec le ciel pascal, j'ai redécouvert L'Eau d'hiver, ces derniers jours. Une sensation de délicatesse absolue, de fragilité presque, m'envahit; la croquer, la saisir, est si difficile.

Obsessionnel, peut-être, l'éphémère des accords m'inspire une esthétique japonaise. Le jasmin, si souvent, entêtant s'épuise dans la fugacité, un peu poudrée, de la violette. Et l'iris s'évapore insaisissable.

À la façon d'une estampe, cette formule - que je devine minimaliste - saupoudre les cerisiers, dénudés & gris, d'une neige poudreuse; à cette blancheur immaculée se confond un ciel bleu, très pâle, qu'un soleil impuissant éclaire, à peine. L'Eau d'hiver est une nature morte glacée.

L'Eau d'hiver, Jean-Claude Ellena, Éditions de parfums Frédéric Malle, 2003.