Deux amours

Bettina Graziani, par Henry Clarke.

Bettina Graziani, par Henry Clarke.

Juré pour la troisième année consécutive du prix Olfactorama, j'ai la chance de découvrir des parfums, qui - faute de temps - échappèrent, au cours de l'année, à mon attention. La réédition de Deux amours est de ceux-là.

Méconnaissant la formule originelle, je m'interdis un exercice de comparaison. Et, à l'évidence, la fidélité, ou l'infidélité, au modèle importe peu. L'essentiel est ailleurs; dans l'idéalisation de l'atmosphère légère, débridée, mais élégante, des Années folles.

Dès les premières notes, aldéhydées & fusantes, je recouvre cette élégance, qui, subversive, sut harmoniser la beauté féminine à la libération des corps. Et cela me séduit. L'évolution si maîtrisée d'un bouquet de fleurs blanches sensuelles, d'un froid iris & d'une rose fraîche m'instille une nostalgie, celle d'une féminité disparue. Le corps de la femme, aujourd'hui, effondré, Deux amours le ressuscite, un instant.

Deux amours, Henri Alméras, Jean Patou, 1925.