Wazamba

Modèle inconnu, par André Hachette.

Modèle inconnu, par André Hachette.

Wazamba, inspiré d'un sistre, est d'une puissance & d'une bestialité primitives. La lourdeur monotone & ponctuelle de la percussion désoriente l'esprit. La raison entre en transe et, ainsi, libère les instincts charnels.

L'encens, intercesseur entre les hommes & les Dieux, esquisse l'idée de la puissance. Celle de la force; celle aussi de l'orgueil humain, qui, déchaîné, instille la volonté de se transcender; de se construire par-delà. Et dans les volutes d'encens, qui l'élève, ce vaniteux se croira Dieu.

L'instant est éphémère, car l'obsédant battement d'une régularité monotone résonne jusqu'à se confondre à la sensualité délétère de la myrrhe & de l'opopanax, qui échauffent, insidieusement, les sens. La bestialité recouvrée, brutalement, affaisse toutes velléités de démesure; le vaniteux n'est plus que chair. Et, dans un ultime sursaut d'orgueil, les notes lascives du labdanum, le réduisent à des pulsions violentes & sexuelles. Mais c'est une puissance, encore.

Le sillage sublime de Wazamba se dépouille des artifices intellectuels & culturels. Il se réduit aux sens purs, qui - inconscients - entremêlent aspirations élevées & pulsions instinctives. Et révèlent ainsi à l'homme, qu'il n'est qu'une oscillation permanente entre ces deux extrêmes.

Wazamba, Marc-Antoine Corticchiato, Parfum d'Empire, 2009.