1932

Carol Brown, par Saul Leiter.

Carol Brown, par Saul Leiter.

1932 est ambigu. Corps & esprit, il scintille & disparaît; fuse & se dissipe. Son créateur l’a pensé & créé à la façon d’un diamant. S’il en à l’éclat, il en a aussi les artifices. Ni blanc immaculé ni innocent, il se teinte, inconstant & insaisissable, d’un vermeil délétère & tentateur.

Les lumières solaires, qui le transpercent de toutes parts, s’y corrompent & s’y distordent. À l’esquisse d’une beauté froide, presque frigide, il instille un incarnat sensuel; le sublime du jasmin - de la chair, donc - s’entrevoit. Le platonisme éthéré - impossible amitié particulière - s’imprègne d’une odeur à l’animalité troublante; celle de deux corps enlacés. Cette bestialité amoureuse, qui trahit l’irrémédiable d’une passion, distille un rouge sang sur les rétines - miroirs impitoyables des âmes. Contradiction ontologique, qui obsède jusqu’à la déraison.

1932, Jacques Polge, Chanel, 2013.