Œillères

Modèle inconnu par Roberto Greco.

Modèle inconnu par Roberto Greco.

Certaines odeurs tétanisent; Œillères en est. Ni floral ni animal, il nous égare; nous reflète l’éphémère de nos vies & de nos passions.

Ni le médicinal camphre ni la douce camomille n’apaisent nos sens angoissés. Et cette odeur de corruption, seule, obsède notre esprit; les encens sacrés sont impuissants à purifier notre âme, à l’élever. Nous vacillons.

Le traître genêt, qui corsète les relents tentateurs d’Œillères, flatte nos instincts. Au gré de nos caprices, il esquisse la silhouette de nos désirs, de nos envies; y cédant, nous corrompons l’illusoire beauté. Nous chutons.

Et cette chute vertigineuse est sans fin. Effleurer un épiderme convoité qu’évoque un cumin sensuel; nous croyons la suspendre. Elle est inexorable, pourtant; et ce corps usé, imprégné de l’animalité de ses excès, nous le rappelle.

Œillères corrompt la beauté en sublime. Et nous livre, pantins désarticulés, à la vanité de notre condition.

Œillères, Marc-Antoine Corticchiato pour Roberto Greco, 2017.
Œillères, du 12 au 29 avril 2017, Galerie Rigassi by SOON Bern, Münstergasse 62, 3011 Berne.